L’après crise sera marqué par la transformation de la Supply Chain

Aujourd’hui, la pandémie de COVID-19 est à l’origine de nombreuses perturbations mettant à l’épreuve la robustesse de la chaîne d’approvisionnement devenue plus complexe. Les industries du médicament, de l’électronique et de l’automobile, particulièrement sensibles aux perturbations sur les marchés asiatiques sont mises sous tension. Il faut aujourd’hui s’interroger sur les leviers minimisant durablement les risques potentiels pouvant affecter la chaîne d’approvisionnement et développer son agilité.

Une gouvernance des risques au quotidien

La constitution du panel de vos fournisseurs est basée sur des critères de qualité, de réduction des coûts, et de diminution des délais de livraison.

Le développement de compétences et la création d’une fonction en charge de superviser la gouvernance des risques s’insérera dans la sélection et le pilotage de la relation avec vos partenaires. En outre, cette nouvelle fonction devra aboutir à plus de transparence sur les inventaires disponibles le long de la chaîne de valeur, déterminer les composants à risque et les alternatives à l’interruption des fournisseurs.

Une mesure de la dépendance et une identification des sources alternatives

Les critères de choix et la relation avec les partenaires constituent le socle de d’agilité et de la performance de la chaîne d’approvisionnement.

Les cartographies des fournisseurs de niveau 1 à 3 sont aujourd’hui plébiscitées dans nombreuses publications, car elles permettent d’identifier les risques de dépendance et les éventuelles sources alternatives. Mais elles restent complexes à mettre en œuvre. Les ratings fournisseurs sont une alternative lorsque la complexité du réseau nécessite un effort de rédaction non justifié par rapport au gain qu’il apporte.

Pour autant, les inventaires sont-ils connus avec précision ? les commandes reflètent-elles les besoins ? les plans d’actions reposent-ils sur des données fiables ?

Une connectivité avec vos partenaires

En période de crise il est déterminant d’être connecté à ses partenaires que ce soit pour ré-évaluer l’allocation de ses capacités, ses stocks, redéfinir de l’orientation de la demande, et identifier les ruptures potentielles. Miser sur la collaboration avec ses fournisseurs permet de renforcer le processus d’approvisionnement.

Le principe du VMI (Vendor Management Inventory) consiste à donner accès à l’état du stock et transférer la responsabilité de la gestion du stock à son fournisseur. Cela contribue nettement à améliorer la transparence, la réactivité de réapprovisionnement et une meilleure coordination des interdépendances.

Un pilotage par la demande et un ajustement dynamique des stocks

Afin de palier à la volatilité importante de la demande et l’allongement des délais d’approvisionnement en contexte de crise, il est important d’associer à la gestion des risques, un niveau d’agilité et une capacité à faire face aux variations de la demande.

Le principe du DDMRP (Demand Driven Material Requirements Planning) consiste à désynchroniser les flux pour générer des buffers et palier aux variations de la demande. Ces buffers seront dimensionnés au plus juste en fonction de la consommation et de certaines contraintes (variation, lead time, taille de lot…). Nos retours d’expérience démontrent que le positionnement et l’ajustement dynamique des stocks permet une amélioration du taux de service, une réduction des stocks et une diminution significative des ruptures.

Une vision en temps réel par l’apport du digital

Les itinéraires de la chaîne d’approvisionnement de plus en plus complexes intensifient le besoin de localisation en temps réel et de suivi dynamique des marchandises. Le digital, constitué de technologies tel que le RFID concoure à l’apport de visibilité des stocks et de tracking des flux en temps réel.

Avec les étiquettes RFID, il est possible de lire instantanément des milliers d’étiquettes à distance et de façon automatisée. La vitesse accrue de collecte de données offre aux entreprises la possibilité d’utiliser la BI, et d’exploiter ou corriger des situations qui ont un impact direct sur les performances de l’entreprise.

La Business Continuity Institute (BCI) dans son analyse « Supply Chain Resilience: 10-Year Trend Analysis » rapporte qu’en 2018 seul 35 % des sondés indiquaient un fort niveau d’engagement par leur direction générale dans la gestion du risque de la chaîne d’approvisionnement. De la création de fonctions dédiées à l’élaboration de dispositifs de surveillance, la gestion des risques est désormais un facteur phare dans la maîtrise de l’ensemble de la chaîne. Les prochains mois vont amener la Supply Chain à développer de nouvelles compétences en intégrant la gestion des facteurs de risque dans le pilotage au quotidien. Les innovations technologiques et les outils type VMI, DDMRP permettant accroître la visibilité, l’anticipation et le contrôle.